Universelle qu’ils disaient....

lundi 1er février 2010
par TV. Fr Guillermo R.
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Est-ce que cela vous rappelle quelque chose ?

D’un Fr. de Bruxelles

Il y a quelques jours, je regardais un documentaire sur les "hommes-fleurs" d’Indonésie. A un moment, la voix-off dit ceci : "C’est dans un lieu tenu secret, interdit aux femmes, que les hommes vont se préparer pour la cérémonie." Le plan suivant montrait ceci : JPEG - 61.5 ko


Commentaires

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lundi 8 février 2010 à 11h07, par  Agnès

Finalement, nos réflexions ne sont pas très éloignées l’un de l’autre ; concernant l’éducation des enfants, je n’ai aucune compétence, n’en ayant pas eu moi-même et n’étant aucunement dans l’enseignement. Par contre, cela ne m’empêche peut-être pas d’y penser. Par exemple, mes deux grands-mères sont nées fin XIX ème siècle en France ; elles ne sont jamais allées à l’école. N’étant pas trop "mal nées", elles ont bénéficié de cours particuliers à la maison. Deux mariages bourgeois sans amour. Ma maman, née en 1920 en Normandie, a fait des études de sage-femme ; c’était déjà beaucoup mieux, sauf que cela ne lui plaisait pas du tout ; c’est son père qui lui a ordonné de faire ce cursus ... afin d’épouser un médecin. Elle y est arrivée car c’était une très jolie femme. Concernant la même génération féminine, je puis évoquer la soeur de mon papa (lui a fait Médecine, normal, c’était un homme), intellectuelle, qui a fait du droit mais n’a jamais exercé le moindre métier car le but de sa vie était tout de même le mariage avec un monsieur argenté. Ce qui fut fait. Ma tante, soeur de mon papa, n’a jamais signé le moindre chèque. Mon papa, qui s’est marié deux fois, n’a jamais voulu que ses épouses travaillent, or la deuxième avait un joli métier dans l’enseignement ; mais non, il fallait qu’elle reste à la maison à l’attendre, pendant que Monsieur exerçait un beau métier, valorisant et socialement reconnu. Tout cela nous mène au babyboom après guerre, puisque j’ai la soixantaine. Concernant ma soeur et moi-même, aucune différence avec les garçons, sauf que mon papa, libre-penseur agnostique n’allant jamais à la messe, décida que ses filles iraient à l’école libre non mixte, chez les soeurs catholiques. Nous aurions été des fils, nous allions au lycée mixte ; toujours une attitude différente selon le sexe. Mais l’histoire féminine familiale s’arrête là puisqu’aucun enfant ne fut désiré ni fait.
Surviennent mes études de Médecine ; au moment-même où nos trois grands chercheurs français (Monod, Lwoff et Jacob) obtiennent le prix Nobel de Médecine pour leur découverte du code génétique (les années 60). L’Humanité découvre enfin comment deux êtres humains arrivent à en faire un ; chacun amène la moitié du patrimoine génétique de l’enfant. Incroyable mais vrai. Comme avec la terre qui est ronde et non pas plate, ce que l’on pourrait penser en se fiant aux apparences, la semence de l’homme n’amène que la moitié
de l’enfant, là aussi contrairement aux apparences. Egalité totale entre homme et femme, sauf qu’en plus (ce n’est pas forcément un plus), c’est la femme qui "enfante". Bien.
Et maintenant, cher Fr. René R., vous me dites qu’en classe, ce sont les filles les meilleures ?
Eh bien, malgré toutes ces avancées scientifiques et ces nouvelles données expérimentales scolaires, je reste intimement persuadée que les hommes et les femmes, pour que "cela" fonctionne bien, doivent rester égaux en droits et devoirs, certes, mais aussi en possibilités d’insertion sociale, quelle qu’elle soit. Toute société se fonde sur l’éducation de ses enfants. Une société juste ne doit-elle pas commencer par l’apprentissage, à ses tout-petits, d’une inévitable concurrence pour se faire une place au soleil, entre garçons, entre filles et entre garçons et filles ? Avant l’école, il y a ce que l’on ressent à la maison ; et les filles savent, en tout cas en France, qu’elles doivent en faire plus pour avoir les mêmes places que les garçons. D’où leur sérieux à l’école. Imprégnés par le schéma relationnel père au travail/maman à la popote, les garçons risquent d’être plus cool car plus chouchoutés. Essayons d’imaginer le schéma inverse, mère au travail/papa à la popote. Les garçons n’auront-ils pas envie de l’inverser (comme font les filles actuellement) ?
Mais peut-être ai-je tout faux ?
Quant à la séduction, elle peut être non liée à la sexualité, comme le charisme, par exemple. Mais c’est une autre affaire !
Pardon d’avoir été si logorrhéique et merci de m’avoir lue. Agnès.

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dimanche 7 février 2010 à 11h20, par  VFr. René R.

Bonjour Agnès,

A mon avis, avoir des lieux ou loin des jeux de la séduction, des hommes et des femmes peuvent en toute liberté s’assembler pour échanger sur des problématiques qui les touchent est essentiel.

Le psyché de l’homme et de la femme étant différent, je doute que l’on serve les intérêts des uns et des autres en rendant tout unisexe.

On peut vivre 99% de notre vie, de notre quotidien dans la mixité... et avoir besoin d’un petit 1% entre gars ou entre filles. Non ?

Au Québec, aujourd’hui, les garçons réussissent beaucoup moins bien à l’école que les filles. Et ce sont surtout les garçons qui décrochent avant la fin de leurs études.. On a souligné que l’enseignement au primaire était bien adapté aux filles, mais pas aux garçons. Ainsi plusieurs voix s’élèvent et vantent les méritent des écoles non-mixtes.

Le débat a été lancé. D’autres affirment que les avantages de la mixité dans les écoles dépassent les inconvénients... mais une chose ou tous semblent d’accord c’est que la mixité n’est pas approprié à tous.

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dimanche 7 février 2010 à 07h54, par  Agnès

Merci Fr. René R., pour votre réponse et votre (r)enseignement. Sachez que je suis tout aussi défavorable aux ordres exclusivement féminins (on comprend que cela fasse fuir les messieurs !), que je trouve navrant le maintien des ordres exclusivement masculins (qui, pour certains, a comme seul but de provoquer l’apparition des premiers, les exclusivement féminins, d’où maintien +++ de la discrimination mutuelle et réciproque !). En votre âme et conscience, pensez-vous que tout cela contribue à un mieux "Etre humain", but de la Confrésoeurie ? Agnès.

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dimanche 7 février 2010 à 00h41, par  VFr. René R.

Attention Agnès !

Bon nombre de société tribales étaient matriarcales. Que l’on pense simplement aux iroquois. Et ils le sont toujours d’ailleurs...

Ça ne les a pas empêché d’être des farouches et fiers guerriers, d’avoir massacré bon nombres d’européens, femmes et enfants, et d’autres groupes autochtones...

Aussi, il existe des ordres initiatiques exclusivement féminins et qui excluent d’emblée tout porteur de chromosome y. Le dianisme en est un parmi d’autres. Et je ne crois pas que cela offusque beaucoup d’hommes de ne pas pouvoir y être.

;-)

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vendredi 5 février 2010 à 23h54, par  Agnès

Soit dit en passant, notre cerveau limbique "reptilien" reste toujours là, entravant le bon déroulement de notre évolution sociétale d’origine cérébrale corticale, en perpétuel recommencement. Le terrible XX ème siècle, aboutissement de tant de siècles de domination patriarcale, devrait vous poser question. Avec les messieurs, les dames ne feront pas mieux mais je doute qu’elles fassent pire. Je vais finir par me féliciter de n’être point soi-disant initiée. Profemmement vôtre. Agnès.

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vendredi 5 février 2010 à 09h10, par  Delta

... et de plus nous partageons 80% de notre ADN avec les insectes et les invertébrés...

Nos sociétés "soient disant évoluées" rendent-elles les humains qui les forment plus heureux ou plus sages ?

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vendredi 5 février 2010 à 06h50, par  Agnès

Cela fait toujours 46 chromosomes humains, dont 44 autosomes communs aux hommes et aux femmes, et deux chromosomes sexuels dont un X et un Y pour ces metteurs de tabliers, moins beaux que la queue d’un paon fier et sot. Et si on évoluait un peu ? Non ? Vraiment pas ? Profanement vôtre. Agnès.

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mercredi 3 février 2010 à 20h25, par  Delta

Incroyable !

Et il parait que ce peuple a des origines fort lointaines..

Voici tiré d’un article sur Libération :

« Affecté à Jakarta, j’ai entrepris de nombreuses fouilles au cours de la dernière décennie, mais l’étude qui m’a bouleversé a été celle menée chez les hommes fleurs, habitants de l’ile indonésienne de Siberut, à quinze heures de bateau de Sumatra. Là, pas d’électricité, des touristes rarissimes, un environnement hostile.

Ses 6000 habitants, chasseurs-cueilleurs, sont considérés, en Indonésie et au-delà, comme « des gens du passé », des vestiges du néolithique. Mythe ou réalité ? Telle était la question à l’origine de cette recherche qui a duré quatre ans, soutenue par l’Unesco et l’IRD (Institut de recherche pour le développement). Y répondre était un défi pour un préhistorien car cette île est un vaste marécage, sans pierres, un monde végétal où tout disparaît sans laisser de traces !

« Avec ma collègue géographe Dominique Guillaud, nous avons fini par y trouver, guidés par les traditions orales, un site d’ancien village recelant des céramiques et des instruments en fer du XIIIe siècle. Nous avons ensuite établi que ces objets avaient été amenés par les ancêtres des hommes fleurs fuyant l’autorité d’un souverain dans la région. Réfractaires à un système hiérarchisé, ils ont construit sur cette île une société aujourd’hui encore égalitaire, fondée sur l’utilisation du végétal. Signe de cette tradition : ils cultivent taro, igname et sagou mais pas de riz. Or cette céréale, à la différence des tubercules, suppose un stockage au sec, activité organisée et centralisée par une élite.

« Ainsi, nous avons découvert les raisons historiques pour lesquelles cette ethnie vit dans une sorte de présent permanent : en construisant des objets techniques en végétal qui renaissent toujours, en faisant une sculpture d’animal pour chaque animal tué… Nous avons inscrit cette ethnie dite « oubliée du temps » dans le temps. A présent, je pars sur un autre terrain : le nord-ouest du Cambodge et le nord-est de la Thaïlande. »

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