Finalement, nos réflexions ne sont pas très éloignées l’un de l’autre ; concernant l’éducation des enfants, je n’ai aucune compétence, n’en ayant pas eu moi-même et n’étant aucunement dans l’enseignement. Par contre, cela ne m’empêche peut-être pas d’y penser. Par exemple, mes deux grands-mères sont nées fin XIX ème siècle en France ; elles ne sont jamais allées à l’école. N’étant pas trop "mal nées", elles ont bénéficié de cours particuliers à la maison. Deux mariages bourgeois sans amour. Ma maman, née en 1920 en Normandie, a fait des études de sage-femme ; c’était déjà beaucoup mieux, sauf que cela ne lui plaisait pas du tout ; c’est son père qui lui a ordonné de faire ce cursus ... afin d’épouser un médecin. Elle y est arrivée car c’était une très jolie femme. Concernant la même génération féminine, je puis évoquer la soeur de mon papa (lui a fait Médecine, normal, c’était un homme), intellectuelle, qui a fait du droit mais n’a jamais exercé le moindre métier car le but de sa vie était tout de même le mariage avec un monsieur argenté. Ce qui fut fait. Ma tante, soeur de mon papa, n’a jamais signé le moindre chèque. Mon papa, qui s’est marié deux fois, n’a jamais voulu que ses épouses travaillent, or la deuxième avait un joli métier dans l’enseignement ; mais non, il fallait qu’elle reste à la maison à l’attendre, pendant que Monsieur exerçait un beau métier, valorisant et socialement reconnu. Tout cela nous mène au babyboom après guerre, puisque j’ai la soixantaine. Concernant ma soeur et moi-même, aucune différence avec les garçons, sauf que mon papa, libre-penseur agnostique n’allant jamais à la messe, décida que ses filles iraient à l’école libre non mixte, chez les soeurs catholiques. Nous aurions été des fils, nous allions au lycée mixte ; toujours une attitude différente selon le sexe. Mais l’histoire féminine familiale s’arrête là puisqu’aucun enfant ne fut désiré ni fait.
Surviennent mes études de Médecine ; au moment-même où nos trois grands chercheurs français (Monod, Lwoff et Jacob) obtiennent le prix Nobel de Médecine pour leur découverte du code génétique (les années 60). L’Humanité découvre enfin comment deux êtres humains arrivent à en faire un ; chacun amène la moitié du patrimoine génétique de l’enfant. Incroyable mais vrai. Comme avec la terre qui est ronde et non pas plate, ce que l’on pourrait penser en se fiant aux apparences, la semence de l’homme n’amène que la moitié
de l’enfant, là aussi contrairement aux apparences. Egalité totale entre homme et femme, sauf qu’en plus (ce n’est pas forcément un plus), c’est la femme qui "enfante". Bien.
Et maintenant, cher Fr. René R., vous me dites qu’en classe, ce sont les filles les meilleures ?
Eh bien, malgré toutes ces avancées scientifiques et ces nouvelles données expérimentales scolaires, je reste intimement persuadée que les hommes et les femmes, pour que "cela" fonctionne bien, doivent rester égaux en droits et devoirs, certes, mais aussi en possibilités d’insertion sociale, quelle qu’elle soit. Toute société se fonde sur l’éducation de ses enfants. Une société juste ne doit-elle pas commencer par l’apprentissage, à ses tout-petits, d’une inévitable concurrence pour se faire une place au soleil, entre garçons, entre filles et entre garçons et filles ? Avant l’école, il y a ce que l’on ressent à la maison ; et les filles savent, en tout cas en France, qu’elles doivent en faire plus pour avoir les mêmes places que les garçons. D’où leur sérieux à l’école. Imprégnés par le schéma relationnel père au travail/maman à la popote, les garçons risquent d’être plus cool car plus chouchoutés. Essayons d’imaginer le schéma inverse, mère au travail/papa à la popote. Les garçons n’auront-ils pas envie de l’inverser (comme font les filles actuellement) ?
Mais peut-être ai-je tout faux ?
Quant à la séduction, elle peut être non liée à la sexualité, comme le charisme, par exemple. Mais c’est une autre affaire !
Pardon d’avoir été si logorrhéique et merci de m’avoir lue. Agnès.
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