Qu’est que la régularité maçonnique ?

vendredi 2 avril 2010
par VFr. René R.
popularité : 21%

Planche présenté à la Loge Laval no.139

À l’O∴ de Laval

Le 12 janvier 6010

Vénérable maitre et vous tous mes frères en vos grades et qualités,

Pendant le temps ou la franc-maçonnerie était opérative, les ouvriers franc-maçons qui désiraient être embauchés dans les chantiers devaient connaitre le mot du maçon, le mot de passe et les attouchements qui indiquaient qu’ils possédaient « l’art royal ».

Bâtir était pour nos anciens frères, un geste de foi, une offrande à Dieu. C’était l’époque ou pour le savant tout comme pour l’ouvrier les gestes et les mots les plus courants avaient une résonance spirituelle.

Puis vint la maçonnerie spéculative qui remplaça, graduellement, la franc-maçonnerie opérative, tout en conservant ses symboles et certains de ses rituels.

Alors que la question du bonheur véritable, de la vie juste, du sens de l’existence passaient par les interprétations et les dogmes de la religion ; réponses toutes faites des catéchismes ; la Franc-Maçonnerie a toujours eu un subtil message, basée sur l’être individuel et sa croissance, sans jamais nier sa nécessaire inscription dans le corps social. Elle a toujours proposé des outils fondés sur un savant dosage de liberté et d’amour, de connaissance de soi et de respect des autres. Même si elle s’enracine dans un fond de croyance religieuse, elle n’est pas froidement dogmatique, faisant appel au cœur et à la raison. La Franc-Maçonnerie est un Ordre spirituel qui ne s’adresse pas à tout le monde, ses symboles ne "parlent" pas à tout le monde et sa méthode n’est pas à la portée de la sensibilité de tout le monde.

Même si ses symboles, son rituel et sa méthode ne s’adressaient pas à tous le monde, elle fut si fut populaire en Europe au XVIII siècle que tous les savants (les scientifiques de l’époque), les artistes, les philosophes voulurent en faire parti ; en fait, dans le langage d’aujourd’hui nous dirions que tous ceux qui étaient « branchés » voulaient être membre de ce cercle ou il était possible de fréquenter autant la noblesse que la haute-bourgeoisie et de se faire appeler « frère » par ceux-ci.

Ajoutons que l’engouement pour l’ésotérisme et les fraternités « secrètes » fut tel qu’on vit surgir des centaines de mouvements qui se réclamaient tous de traditions les plus anciennes, les plus spirituelles ou les plus secrètes. Ainsi Martines de Pasqualy fonde en 1761 l’Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns de l’Univers et on vit arriver en 1767 l’Ordre des Architectes africains, puis le rite de Swedenborg en 1773, en 1780 le Rite primitif des philadelphes, en 1785 celui des parfaits initiés d’Egypte, en 1801 de l’Ordre sacré des Sophisiens, en 1806 l’Ordre des Amis du désert, Ordo Templi Orientis ou Ordre du Temple de l’Est... et nous pourrions ainsi nommer des milliers de groupes qui mélangeaient ésotérisme, symbolisme maçonnique et occultisme. Parmi tous ces groupes, certains eurent du succès quelque temps , d’autres disparurent rapidement.

Malheureusement, certains aventuriers et imposteurs qui flairant les bonnes affaires n’hésitèrent pas à se faire passer pour des maçons et n’eurent aucun scrupules à se créer de toutes pièces des rites et des loges. Le plus connu est Joseph Balsamo. Au cours de sa vie, il adopta divers pseudonymes (notamment Comte Pellegrini, Mélissa, Fenice, Hérat ou encore chevalier de la Sainte Croix) mais le nom qui a fait sa renommée est celui de Comte de Cagliostro, inspiré par le nom de sa marraine. Cagliostro disait posséder une eau de jouvence, sérum de perpétuelle jeunesse qu’il vendait aux crédules. Il vendait chers différents élixirs, des pilules, faisait des tours de magie et de sorcellerie, et il prétendait avoir le pouvoir de faire apparaître les morts. Il créa en France la Franc-maçonnerie dite égyptienne (de Misraïm).

Évidemment la création d’autant de groupes fut un casse-tête pour plusieurs franc-maçons qui désiraient demeurer dans la tradition. Comment faire alors pour séparer le bon grain de l’ivraie ?

C’est ainsi que pour, en autres, essayer d’harmoniser et baliser ce qui était JPEG - 9 ko maçonnique de ce qui ne l’était pas, que « Les Constitutions d’Anderson » ont été rédigées et publiées à la demande du duc Philip de Wharton par le révérend James Anderson en collaboration avec Jean Théophile Désaguliers, afin de réguler les pratiques traditionnelles « landmarks » ou anciens devoirs, pour le compte de la Grande Loge Unie d’Angleterre. Le texte fut adopté en 1723.

Voici tiré des Constitutions d’Anderson, la partie du texte qui apporta le plus de polémiques :

« Un Maçon est obligé de par son Titre d’obéir à la Loi Morale et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un Athée stupide ni un Libertin irréligieux. Mais bien que dans les Temps Anciens les Maçons fussent obligés dans chaque pays d’appartenir à la Religion de ce Pays ou de cette Nation, quelle qu’elle fût, il est maintenant considéré comme plus opportun de seulement les soumettre à cette Religion que tous les hommes acceptent, laissant à chacun son opinion particulière, qui consiste à être des Hommes Bons et Honnêtes ou Hommes d’Honneur et de Sincérité, quelles que soient les Dénominations ou Croyances qui puissent les distinguer ; ainsi, la Maçonnerie devient le Centre d’Union et le Moyen de concilier une véritable Amitié parmi des Personnes qui auraient dû rester perpétuellement Éloignées. »

L’expression « Athée stupide » est toujours aujourd’hui l’objet d’une polémique. S’agissait-il d’affirmer que les athées étaient stupides et ne pourraient pas être admis en franc-maçonnerie ou au contraire de permettre l’admission d’athées « non stupides ». À mon avis, sachant que dans l’esprit du XVIII siècle il était inconcevable d’être athée, surtout pour un révérant presbytérien comme Anderson, il me semble plus que probable que la première définition soit la bonne... Quoi qu’il en soit, aujourd’hui encore, il y a des loges irrégulières qui prétendent satisfaire à la constitution d’Anderson en accueillant des athées « non stupides »... Cependant, dans le monde entier plus de 95% des obédiences maçonniques sont régulières et soucieuses de respecter les « landmarks » ou anciens devoirs.

Il est de la plus haute importance de pas confondre reconnaissance et régularité qui sont des notions distinctes, bien que complémentaires. La reconnaissance veut dire que deux obédiences se reconnaissent mutuellement et permettent ainsi à leurs membres de se visiter en loge.

Selon le Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie et des francs-maçons, la notion de régularité est fondamentale. On peut la définir : La régularité maçonnique. En récuser le concept conduirait à nier que pareille légitimité existât, et dès lors à livrer la Franc-Maçonnerie à toutes les aberrations de l’arbitraire individuel. La régularité maçonnique, n’est pas une orthodoxie, mais une orthopraxie. Il ne s’agit nullement de définir quelle est la "bonne" destination, ni le "bon" chemin, mais bien de circonvenir la "bonne" façon de marcher : va où tu veux, mais marche avec souffle (Force), avec élégance (Sagesse), avec art (Beauté) … [1]

En d’autres mots, la régularité provient de la nécessité, pour les loges, de définir à quelles conditions elles peuvent reconnaître les autres loges comme légitimes, exemptes de déviations graves et authentiquement maçonniques. Il faut donc tout d’abord qu’une obédience soit régulière avant d’être reconnue, mais ce n’est pas parce qu’elle est régulière qu’elle sera reconnue par tel obédience. Tel est le cas du Grand Orient d’Italie, reconnue par la G.L.Q, mais qui n’est pas reconnu par la G.L.U.A.

Aussi, encore aujourd’hui, comme au temps de Cagliostro, il y a, des groupements qui utilisent les symboles de l’ordre et se prétendent maçonnique alors qu’ils ont des objectifs totalement différents et souvent incompatibles avec la Franc-Maçonnerie. Comme il n’y a pas de copyright sur la Franc-maçonnerie, n’importe qui, peut acheter des rites et des objets maçonniques, se créer une loge et même une obédience.

Et on voit ici et là des loges indépendantes et travaillant seules, en dehors de toutes obédiences, souvent à l’initiative d’un dirigeant charismatique ayant une conception très originale, voire parfois tout à fait personnelle, de la franc-maçonnerie. Les membres de ces « loges » se font dire qu’ils sont « des maçons libres dans une loge libre ». Évidemment cette relative liberté, permet toutes les dérives. Ce fut le cas, par exemple, de la tristement célèbre loge italienne P2, d’origine mafieuse et qui n’était d’aucune façon maçonnique et encore moins régulière.

Vous comprendrez que ces loges n’étant pas régulières, elles ne sont pas reconnues. Mais surtout elles doivent faire l’objet d’une grande méfiance de la part de ceux qui voudraient devenir franc-maçons ou qui s’intéressent à l’ordre. Car, il est difficile de rendre compte du sérieux et de la qualité des travaux de tels loges que l’on appelle « sauvages ».

Aussi, une obédience qui était régulière peut cesser de l’être si elle viole les principes fondamentaux de l’ordre. Les principales déviations, sont apparues en France et concernent les fondements mêmes de la Franc-maçonnerie comme ordre spirituel ; Tel fut par exemple le cas du Grand Orient de France, régulier jusqu’en 1877 et qui cessa de l’être lorsqu’il supprima de ses constitutions la référence au Grand Architecte de l’Univers.

Ici j’ouvrirai une parenthèse, car évidemment il y a des raisons historiques qui ont influencés ce choix. Parmi celles-ci notons la mésentente conflictuelle entre l’Église Catholique et le Grand Orient de France qui débuta par l’émission de la première bulle papale anti-maçonnique In eminenti apostolatus specula en 1728, et la réponse non équivoque de certaines loges qui se sont ancrés dans une position résolument anti-cléricale. Aussi, ajoutons le vent de scientisme primaire qui fut à la mode à cet époque de changement dit des lumières, ainsi selon les adeptes du scientisme la réponse à toutes les questions les plus existentielles comme celles les plus philosophiques pouvaient se résoudre par la science et la raison humaine... Heisenberg en 1925 et Gödel en 1931 prouveront indiscutablement que la science ne peut répondre à toutes les questions. Les loges du Grand Orient de France auraient-ils jetés délibérément le bébé avec l’eau du bain en 1877 qu’ils n’auraient pas agi autrement. Fin de la parenthèse.

Ainsi, le Grand Orient de France avait décidé, unilatéralement, de changer les règles et s’attendait peut-être un peu naïvement, à ce que les autres obédiences maçonniques approuvent "fraternellement" ses choix, comme l’avait fait la Grande Loge de France et au mieux adoptent les mêmes mesures.

Charles Cousin, Président du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, écrivit le 28 novembre 1884 au Prince de Galles, Grand Maître de la Grande Loge Unie d’Angleterre, pour déplorer la « situation regrettable ... faite aux Maçons français par les Ateliers soumis à la juridiction de la Grande Loge d’Angleterre ». Il reçut quelques semaines plus tard du Grand Secrétaire Shadwell H. Clerke une réponse courtoise :

« ...mais la Grande Loge d’Angleterre soutient et a toujours soutenu que la croyance en Dieu est la première grande marque de toute vraie et authentique Maçonnerie, et qu’à défaut de cette croyance professée comme le principe essentiel de son existence, aucune association n’est en droit de se réclamer de l’héritage des traditions et des pratiques de l’ancienne et pure Maçonnerie. L’abandon de ce Landmark, dans l’opinion de la Grande Loge d’Angleterre, supprime la pierre fondamentale de tout l’édifice maçonnique... ».

Déclaration, à mon avis prémonitoire, car en désirant accueillir des athées ces obédiences abandonnèrent leur vocation spirituelle et durent se redéfinir complétement.

Ainsi on vit rapidement d’autres déviations, inconcevables, pour un ordre initiatique qui avait toujours voulu protéger la loge des influences profanes, comme celui d’un espace sacré, tout en valorisant l’importance du travail sur soi-même.

Ces obédiences irrégulières sont devenus des « clubs politiques » ou les membres sont invités en loge a se prononcer sur des projets de lois, a voter des résolutions d’appui à des mesures légales, a manifester avec les syndicats et les groupements politiques. On voit régulièrement en France des officiers d’obédiences irrégulières signer des manifestes pour l’appui de tel ou tel mesure, tout comme le font ici, au Canada, les dirigeants syndicaux ou politiques ; tout en créant souvent la polémique à l’intérieur même de leur obédience....

Nous ne doutons pas que les objectifs de ces obédiences irrégulières soient nobles. Mais si ils conviennent bien à un groupement profane, ils sont incompatibles avec un ordre initiatique.

Soulignons que la Franc-Maçonnerie régulière n’interdit pas à ses membres de faire de la politique ou de s’impliquer dans des mouvements sociaux. Mais elle interdit de le faire à l’intérieur des loges. Ne pas parler ni de politique ni de religion c’est un des principes fondamentaux de l’ordre.

Un franc-maçon initié d’une loge irrégulière ne peut visiter une loge régulière et à l’inverse comme franc-maçon régulier, il nous est strictement interdit de visiter des loges irrégulières. Ainsi dans nos obligations, nous prêtons serment de ne pas révéler aucun secret sauf aux « frères véritables et réguliers », d’autres serments obligent de ne pas entretenir de relation avec les maçons clandestins.

Dans la constitution de la G.L.Q. Une violation délibérée des us et coutumes de la maçonnerie et des obligations maçonniques est considéré comme une offense maçonnique. Au chapitre 101. k est une offense maçonnique spécifiquement reconnue :«  encourager des imposteurs ou entretenir des relations avec des maçons clandestins ». Il n’y a pas de « police » maçonnique pour surprendre et poursuivre les frères qui violent leurs serments. Tous nous savons que c’est une valeur fondamentale du franc-maçon et une question de conscience et d’honneur, comme pour tout homme juste et droit que celui de respecter ses serments.

Un franc-maçon qui a été initié dans loge irrégulière et qui veut devenir membre d’une loge régulière doit recommencer son initiation et repartir depuis le début, quelle que fut son grade ou son titre dans son obédience irrégulière.

Comment définit-on une obédience régulière d’un autre ?

Les Grandes Loges des USA et du Canada ont créé en 1951 la "Commission on Information for Recognition" qui évalue la régularité des obédiences du monde entier en fonction de 3 critères.
- 1. Légitimité des origines.
- 2. Exclusivité de la juridiction territoriale, ou sinon par consensus ou entente mutuelle.
- 3. Adhérence aux anciens devoirs, surtout en ce qui concerne la croyance en Dieu, la présence du Volume de la Loi sacrée en loge et l’interdiction formelle de toute discussion religieuse ou politique en loge.

Évidemment c’est un mécanisme consultatif et les Grandes Loges peuvent accorder ou non leur reconnaissance en fonction de critères qui leur sont propres.

Aujourd’hui l’Internet permet aux franc-maçons de différentes obédiences régulières ou non régulières de tous les continents d’échanger. Et parmi les échanges, les questions de reconnaissance et de régularité font souvent l’objet de virulentes discussions ; surtout sur les blogues et sur les forums utilisés par les franc-maçons francophones, ou les "irréguliers" sont majoritaires. On remarque que les perceptions sont souvent entachés de préjugés des deux cotés. La Franc-Maçonnerie régulière y est présenté péjorativement et décrit comme une branche de « l’église anglicane d’Angleterre » et la Franc-Maçonnerie non régulière comme étant un « nid d’athées bouffeurs de curés ».

Et la fraternité dans tout cela ?

Je terminerai cette planche par un simple paragraphe, tiré d’un message qui sans mettre de coté nos convictions et tout ce qui nous anime, est riche de fraternité et d’amour. Ces mots sont tirés du texte de bienvenue que tous ont probablement lu sur le site Internet de la Loge Laval et écrit par notre BAF Vito B., lorsqu’il était vénérable de notre loge :

« Si vous êtes un membre d’une Franc-maçonnerie non reconnue vous n’en êtes pas moins pour nous des FF de cœur et bien que nos chemins ne se croiseront jamais dans l’espace sacré de nos temples maçonniques, je vous propose de venir nous rejoindre à l’intérieur de notre Espace virtuel où, en toute liberté nous pourrons nous enrichir de nos différences. La voie de l’initiation nous est commune ; elle a pour but de nous rapprocher en fraternité de notre créateur, quel qu’il soit, de travailler à la perfectibilité de l’homme par la perception de sa propre dimension par rapport aux forces créatrices, de nous enseigner que nous sommes nés tous égaux et dépendants les uns des autres et que seul la force de notre foi maçonnique peut nous permettre de nous élever. »

Vénérable Maitre.

J’ai dit.

Fr. René R.


[1] Philosophie maçonnique, Marc Halévy - Editeur : OXUS (Piktos) - Année de publication : 2008, 208 pages


Commentaires

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lundi 8 mars 2010 à 08h54, par  VFr. René R.

Un homme très intéressant Frédéric Desmond.

Il est important de mettre les choses en contexte. Frédéric Desmond était un pasteur protestant. Il connaissait très bien, les excès des religions. Qu’on se rappelle de la révocation de l’édit de Nantes, par Louis XIV qui créa une vague de massacre de protestants partout en France. Qu’on sache, qu’il n’était pas très bien vu à cette époque d’être en mauvais terme avec l’Église Catholique.

Aussi en 1877, c’était l’époque ou le « scientisme » était devenu une quasi-religion, ou le matérialisme devenait la philosophie la plus crédible. Le matérialisme à été longtemps la « voie royale de la raison », il était évident dans la plupart des milieux intellectuels à cette époque que de croire en Dieu relevait de la superstition et que ce n’était qu’une question de temps pour qu’on prouve que l’homme avait été crée par le hasard et qu’on affiche à la face de tous, l’ineptie des religions.

Frédéric Desmond, aurait-il agi de même aujourd’hui ? Personnellement j’en doute.

Je ne peux douter, qu’il fut sincère, mais selon moi il fit l’erreur de croire que la Franc-Maçonnerie pouvait convenir à tous et surtout il ne comprit pas que la Franc-Maçonnerie était avant tout un ordre spirituel, parce que la Franc-Maçonnerie régulière et de tradition affirme haut et fort que l’homme est un être spirituel. Laisser dire le contraire et adopter des positions en ce sens, a ses effets pervers, car lorsqu’on écarte les fondements de ce qui est humain, quand la spiritualité est ostracisé, quand il ne reste presque rien ; oui car la très grande majorité des choses qui touchent l’humain sont spirituelles ; il ne reste que peu de choses sur lesquels une loge peut travailler.

Frédéric Desmond crut peut être aussi, naïvement, que d’ouvrir grandes toutes les portes des temples aux athées serait bénéfique pour la Franc-Maçonnerie.... Il fit une grande erreur. La spiritualité n’étant plus sujet d’intérêt de ces obédiences qui de facto sont devenues irrégulières, l’ont remplacé par de la politique et des sujets profanes. C’est d’ailleurs ce que fit Frédéric Desmond, lorsqu’il quitta sa charge de pasteur pour ne faire que de la politique. A cette époque, en France, la politique avait la prétention de changer la société et les hommes par des lois. D’autres savaient que les hommes ne peuvent changer que par eux-mêmes dans leurs cœurs, leurs esprits et leurs âmes. Si Frédéric Desmond avait été un peu plus pasteur et un peu moins politicien ou encore si il imaginé les dérives que les loges épurées de spiritualités feraient ... peut-être aurait-il été mieux en accord avec les principes fondamentaux de la Franc-Maçonnerie.

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dimanche 7 mars 2010 à 17h18, par  soldatLouis

Je trouve étrange que le pasteur Desmond, Franc-Maçon fut un ardent défenseur de l’abolition de toute référence au GADLU. Il prononça même un discours qui fait toujours référence dans les obédiences adogmatiques.

Certains y voient une ouverture vis a vis des autres contrairement a une fermeture comme peut l’être les obédiences anglo-saxonnes. Qu’en pensez-vous ?

Site web : 
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vendredi 22 janvier 2010 à 13h09, par  Agnès

Evidemment, le profane, si vous évoquez la parole donnée concernant une tractation affairiste, alors nous sommes d’accord. Y’a encore du boulot, surtout dans notre monde "globalement" corrompu. L’exemple, c’est pas mal. La preuve, votre papa ... Mais bon, on arrête la réflexion, et c’est dommage. Agnès.

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vendredi 22 janvier 2010 à 05h15, par  leprofane

Je pense que vous compliquez les choses pour rien.

Mon père me disait que dans son temps, une affaire se concluait par une simple poignée de main. Pas besoin d’un acte notarié, d’un contrat. C’était la parole qui comptait, une question d’honneur en fait. Ils disait que c’était un homme de parole un homme d’honneur.

C’est simplement ca. Faire ce qu’on a promis.

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vendredi 22 janvier 2010 à 01h01, par  Agnès

Bonjour Fr. René R.

Vouloir "sacrifier sa vie" me semble le comble de l’orgueil ; c’est mettre son petit "soi" au-dessus du "commun" et autant que faire se peut, "flirter" avec le divin ; alors que, si je réfléchis bien, le divin n’a d’intérêt que pour l’humain ; c’est le sens que donnent les judéo-chrétiens aux notions de messianisme, d’incarnation/sacrifice/résurrection : Dieu pour l’Humanité ( car l’Humanité pour Dieu me semble bien vain, à moins que, justement ...). Or Yahvé ne veut pas du sacrifice d’Isaac et pourtant, Il n’hésite pas à semer la zizanie entre Caïn et Abel, provoquant ainsi la mort inutile de l’éleveur de moutons... Avouons que l’"honneur" du cultivateur Caïn était en jeu, non ?
Quant à l’euthanasie et l’avortement, ce sont des sujets à très hauts risques de dérapages haineux. Ne rien imposer de douloureux, voilà qui nous éloigne d’une auto-flagellation suspecte de suffisance, loin de toute vertu. Mais je comprends que certain(e)s craignent des excès. Merci de vos réponses, cher Fr. René R. Agnès.

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jeudi 21 janvier 2010 à 19h41, par  VFr. René R.

Bonjour Agnes,

Avocate du diable.. Non. Je crois que vous aimez aller au fond des choses et c’est tout à votre honneur. (sans jeux de mots).

Je n’ai encore lu de texte qui signifiait dans nos traditions judéo-chrétiennes "tuer pour l’honneur"... Mais sacrifier sa vie oui et surtout ne pas prendre celles des autres ; parce que ça serait du vol ! C’est peut-être de l’hypocrisie, sachant que la résultante est différente. Mais la nuance est, à mon avis, importante.

Alors qu’on peut se permettre de tuer, par humanisme. Évidemment c’est toujours par compassion ; car les raisons sont d’alléger la souffrance.. par l’euthanasie, l’avortement... etc.
Quoique aussi sur ces sujet les avis soient largement partagés.

C’est vrai que ça fait ringard, de parler de ces choses comme l’honneur et la vertu. Mais je crois que ce sont des valeurs auxquels la plupart des franc-maçons de tradition sont attachés. L’humanisme pourrait être considéré comme la somme de plusieurs vertus comme la bienveillance, la charité, la compassion... etc.

Comme c’est souvent le cas la forme est moins importante que le fond même si la plupart du temps, c’est la forme que l’on critique.

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jeudi 21 janvier 2010 à 15h57, par  Agnès

Certes Fr. René R.
Pardonnez mon incorrigible tendance à me faire l’avocate du diable. Nous tuons pour "sauver" notre honneur, jamais quand nous restons humains. Les Ordres professionnels sont souvent plus cléments que la Justice. Quant à la dernière partie de la dernière ligne de notre serment, elle me semble bien grandiloquente et surannée ; d’ailleurs je ne me souviens plus l’avoir prononcée (c’était il y a assez longtemps, je l’avoue). Une simplicité efficace, sans se prendre au sérieux, ne serait-elle point de bon aloi ? Agnès.

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jeudi 21 janvier 2010 à 14h08, par  VFr. René R.

Bonjour Agnes et Delta,

Aurions-nous substitué l’honneur par l’humanité ?

Et alors ne serais-ce qu’une simple question de sémantique ?

Les différents ordres professionnels doivent régulièrement sanctionner des membres ayant dérogé à leurs devoirs.

Voici la dernière ligne du serment que les médecins français prennent (version 1996).

« Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré et méprisé si j’y manque. »

René

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jeudi 21 janvier 2010 à 11h14, par  Agnès

Bonjour Delta.

Mon approche réflexive a pour but de moduler, voire de modérer un tant soit peu, cette attitude manichéenne. Juste pour évoquer une sorte d’excès de dureté dans les règles à ne point enfreindre pour rester un homme (une femme) d’honneur. N’est-il pas très orgueilleux de mettre sa barre trop haut ? Dire : "je ne peux plus" ne me semble point déshonorant, au contraire, car reconnaître ses nouvelles limites permet de sauvegarder sa fierté. Faut-il "virer" l’humain défaillant car nous ne le trouvons pas à notre niveau ou bien l’aider à nous rejoindre en nous baissant pour le hisser. Quant au serment d’Hippocrate, personne ne le prête plus tel qu’il fut rédigé au V ème siècle avant Jésus-Christ. Justement, ses règles ont évolué, se sont assouplies ou au contraire affermies ; et ce serment humaniste n’a pas fini de muter, fort heureusement. Le respecter ne demande aucun effort ; de l’humanité tout simplement. Alors évidemment, si l’on en arrive à la barbarie, plus n’est besoin de discuter. Bien à vous. Agnès.

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jeudi 21 janvier 2010 à 09h41, par  Delta

Chacun sa voie. Et je suis d’accord avec vous Agnes, qu’une personne ne doit pas se battre contre ses principes.

À mon avis, quand on ne peut plus suivre les obligations et les devoirs que nous avons pris, l’homme d’honneur doit agir en conséquence. Et quitter est souvent la meilleur solution.

Quel serait votre réaction d’apprendre qu’un collègue vous dit que dans le fond le serment d’Hippocrate, c’est de la foutaise.

Delta

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jeudi 21 janvier 2010 à 03h50, par  Agnès

Bonjour Delta.

Peut-être n’est-il pas déshonorant de douter de la valeur d’un engagement personnel trop solennel, voire rigoriste. Se battre en duel contre soi-même pour "sauver son honneur" est-il bien raisonnable ? Trahir quelqu’un, voilà qui avilit ; se remettre en cause me paraît faire preuve de courage, non de faiblesse. Les grands serments et grandes déclarations sont souvent des paravents derrière lesquels se cachent de sombres lâchetés. Agnès.

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mercredi 20 janvier 2010 à 23h19, par  Delta

Merci pour ta planche mon F :.

Je crois en effet qu’une personne qui trahi ses serments se déshonore.

Mais, mis à part quelques franc-maçons ringards, comme toi ou comme moi, qui se soucie de l’honneur aujourd’hui ?

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mardi 19 janvier 2010 à 07h41, par  leprofane

Bon article ca nous permet de mieux comprendre les différences. Et à mon avis il s’agit d’un schisme non consommé.

Je lis souvent les français parler de la franc-maçonnerie régulière comme étant la franc-maçonnerie anglo-saxonne... Comme tous disent aussi, que la franc-maçonnerie a une origine anglo-saxonne. Ils font la preuve qu’ils ont délibérément changé les règles.

Je lis des fois le blog d’un franc-maçon belge et c’est peut-être parce que je suis profane mais je n’y perçoit que des mots, des paroles vides de sens.

Au moins vous autres vous faites des gestes concrets comme de créer des hopitaux Shriners.

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Brèves

avril - Assemblées et tenues maçonniques

Les tenues sont au Rite Émulation et ont lieu à Northlea United Church 3200, 5ième Rue (...)

9 septembre 2007 - Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers(1749)

FRANCS-MAÇONS, (Hist. mod.) ancienne société ou corps qu’on nomme de la sorte, soit parce (...)